Restauration et monarchie de juillet : 1815 -1848

Louis XVIII succède à Napoléon 1er

De 1815 à 1824 suivi de Charles X qui est renversé par la révolution de 1830. Louis Philippe 1er lui succède et est renversé lors de la révolution de 1848 qui aboutit à la IIe République sous Louis Napoléon Bonaparte. Durant la trentaine d’années que durent les monarchies qui succèdent au Premier Empire, une société de notables soutenue par les gouvernements successifs s’organise et domine la vie politique, économique et sociale.

La Restauration : Louis XVIII et Charles X

Conseillers municipaux et maires continuent à être nommés par le gouvernement. Les catholiques soutiennent le gouvernement. Les libéraux sont mis de côté. Le plus en vue, le juge de paix Jean-Louis Grenez est révoqué en 1823. En août et septembre 1828, Charles X fait un voyage en Alsace. Arrivé par le col de Saverne, il repart par le col du Bonhomme. Il reçoit un accueil enthousiaste en passant à Lapoutroie et au Bonhomme.

La Monarchie de Juillet

La révolution de juillet est acceptée dans le canton sauf à Fréland. Une vie politique nouvelle apparait. Des élections remplacent les nominations. Les citoyens les plus imposés de chaque commune dans la limite d’un dixième de la population sont les électeurs des conseils municipaux. Les maires et adjoints sont toujours nommés par le gouvernement mais choisis dans le conseil municipal. Trois familles ont dominé la vie politique durant la monarchie de Juillet : les Didierjean à Orbey et les Maire à Lapoutroie.

Démographie

La population augmente de 2 000 habitants de 1821 à 1851 passant de 11 451 habitants à 13 456. Le Bonhomme atteint son maximum de population en 1831 : 1 461 habitants ; Lapoutroie et Orbey en 1841 : 2 631 et 5 636 ; Fréland en 1846 : 2 179 et Labaroche en 1851 : 2 303. On note que parmi les émigrants vers les Etats Unis, très peu sont originaires du canton : entre 1838 et 1857, les demandes de passeports du canton de Lapoutroie ne représentent que 0.48 % des demandes alsaciennes.

Agriculture

D’importantes disettes ont lieu en 1816 et 1817. L’agriculture ne connait pas de transformations notables mais est mieux connue car le cadastre est terminé en 1835. Une enquête de 1837 montre que 80 % du territoire est mis en valeur soit 9 800 ha sur un total de 12 165 ha. Forêts et prairies l’emportent suivies par les champs de pomme de terre et de seigle. Deux questions animent le canton à l’époque : les parcours communaux où s’affrontaient les cultivateurs de la montagne et ceux du village et la question de la forêt qui appartenait en majorité aux communes. Après les déprédations subies lors de la Révolution et le Premier Empire, le gouvernement promulgue le code forestier en 1827. En 1844, une loi est votée instituant le permis de chasse. Des reboisements sont entrepris.

Industrie

En 1844 on trouve cinq établissements industriels dans le canton : deux filatures et trois tissages à Orbey et à Lapoutroie qui emploient 484 personnes dont 185 hommes, 228 femmes et 71 enfants. De nombreuses activités sont réalisées à domicile par des particuliers. Une enquête de 1848 relève que les tissages à la main occupent 575 hommes et 570 femmes. A côté de ces activités nouvelles se maintenaient les activités traditionnelles : moulins à farine, huileries et scieries.

Les notables

Is dominent la vie politique du fait que seuls peuvent voter ceux qui paient 200 F de contributions. En 1842, ils sont au nombre de 13 : 5 cultivateurs, 3 marchands, 1 brasseur et 4 fabricants. Sur la durée, la fortune des fabricants s’accroit plus vite que celle des agriculteurs et des marchands. Cette disparité provoque des conflits : en 1839, 23 manufacturiers demandent à construire une digue à la sortie des lacs pour régulariser le débit de la rivière. Aussitôt, les agriculteurs craignant une rupture des digues et un manque d’eau pour irriguer les prairies, s’y opposent. Il faudra attendre 1860 pour que l’endiguement soit réalisé.

La vie quotidienne

Suite à l’évolution économique, et l’apparition de nouveaux métiers, la société se transforme. Le niveau de vie est en général assez bas. La nourriture est faite de pommes de terre, de laitage et de fromage. On consomme peu de viande. Dans le textile, le salaire journalier des ouvriers est compris entre 1.50 F et 2.50 F ; il est de 0.80 F pour les femmes et 0.50 F pour les enfants. On estime qu’il faut pour vivre un salaire annuel de 550 à 600 F pour un ménage avec deux enfants. Misère et mendicité sont endémiques. Personne n’a pris le relais des moines de Pairis qui distribuaient l’aumône avant la Révolution. Un hospice pour orphelins est créé à Orbey sur l’initiative du curé Petitdemange qui laisse ses biens à sa mort en 1814. La commune d’Orbey le prend en charge en 1820 et l’installe en 1849 dans les bâtiments restants de l’abbaye de Pairis. En même temps, en 1827, les conseils municipaux de Lapoutroie, Orbey et Fréland acceptent de salarier un médecin cantonal.

L’église catholique est toujours aussi puissante, soutenue par les notables. Des religieuses remplacent peu à peu les institutrices laïques dans les écoles de filles. De même, des Frères de la doctrine Chrétienne dits Frères de Matzenheim sont introduits à Fréland en 1849 pour enseigner aux garçons.


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